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Act NOW on climate change

« RÉSISTER ET CRÉER »

“Nous sommes la première génération à ressentir les effets du changement climatique et la dernière à pouvoir y faire quelque chose”. 

Cette phrase prononcée par le gouverneur de l’Etat de Washington Jay Inslee en 2014 pourrait s’appliquer à toutes les personnes qui sont ici. Que nous ayons 15, 30 ou 45 ans, nous connaîtrons le monde d’après. Celui du basculement. 

D’une certaine manière nous le connaissons déjà. Dès aujourd’hui le climat de notre planète s’est réchauffé de 1,2 degré par rapport à l’ère pré-industrielle. 

Et il ne s’agit pas uniquement de climat, mais d’une guerre engagée contre le monde vivant. Nous avons fait disparaître 60% des populations des animaux vertébrés en 40 ans, 75% des insectes en trente ans, 30% des oiseaux des champs, la moitié des animaux marins. 

Si nous continuons sur cette trajectoire les scientifiques du GIEC nous prédisent une augmentation de près de 5° C d’ici la fin du siècle. 

Certaines projections sont mêmes plus pessimistes. 

En 2009, le directeur de l’institut de recherche climatique de Potsdam avait établi une modélisation. Selon lui, si nous dépassons 5°C de réchauffement planétaire, nous ne pourrons être qu’un milliard d’être humains sur cette planète. Pas 10 ou 11 comme le prévoit l’ONU, pas 7 comme aujourd’hui. Seulement un. 

Égrener ces chiffres, ces données (et nous pourrions allonger cette liste) n’est pas une fascination du pire. C’est un cri. L’ultime cri de notre génération avant que la vague ne déferle sur nous tous, de façon irrémédiable. 

Nous avons la chance de savoir ce qui se produit. De pouvoir l’anticiper. En réalité nous le savons depuis le début des années 70. Et jusqu’ici nous avons laissé le profit passer avant les forêts, les animaux et les plus fragiles d’entre nous… 

Mais depuis plusieurs semaines quelque chose de nouveau se produit. La jeune génération, celle qui subira de plein fouet tous ces changements s’est mise en grève, occupe les rues, chaque vendredi, interpelle les responsables politiques, refuse que son avenir soit détruit par l’inconséquence de ses aînés.

Le 15 mars dernier ils ont organisé la plus grande mobilisation mondiale de tous les temps pour protéger le climat, à l’appel de Greta Thunberg. 

Et ils ont recommencé le 24 mai. 

Un peu partout sur la planète beaucoup d’entre eux agissent déjà. 

Melati Wijsen, 18 ans a fait interdire l’utilisation des sacs plastique en Indonésie. Kelsey Juliana avait 15 ans lorsqu’elle a attaqué son Etat en justice pour inaction face au changement climatique. Felix Finkbeiner en avait 10 lorsqu’il a planté son premier arbre. Il a permis la plantation de 15 milliards d’autres depuis. 

Adélaïde, Camille, Luisa, Vipulan, ces jeunes femmes et ces jeunes hommes sont là pour nous réveiller. Nous sortir de notre confort, de notre torpeur et nous montrer la voie. 

Il est plus que temps que nous les écoutions, qui que nous soyons, et que nous suivions leur exemple en nous mettant action : en refusant de voter pour les responsables politiques qui ne s’engagent pas résolument pour la défense du vivant, en nous mobilisant pour acculer les entreprises, les gouvernements, en créant des projets, en changeant nos habitudes à notre échelle. 

Ici, dans le plus prestigieux festival de cinéma du monde, nous sommes également venus lancer un appel aux artistes, aux producteurs, aux techniciens du 7ème art. Les films sont aujourd’hui le moyen le plus puissant de raconter des histoires. 

Or, ce sont les histoires, les récits, qui permettent aux êtres humains d’appréhender le monde, intellectuellement, émotionnellement, sensiblement. C’est à travers les histoires que se construisent des identités, des religions, des idéologies, des systèmes économiques et politiques. Ce sont les histoires qui façonnent notre imaginaire commun. 

Comme l’écrit l’historien Yuval Harari, c’est grâce aux histoires qu’homo sapiens a pu organiser la coopération entre des millions d’individus et accomplir ses plus grandes prouesses comme ses plus terribles dévastations. 

Alors que l’humanité se trouve confrontée à la sixième extinction de masse des espèces, à un réchauffement planétaire qui pourrait mettre en question sa survie, les récits, les histoires que nous nous racontons, la façon dont elles nous permettent, ou non, d’imaginer l’avenir, sont un enjeu crucial. 

Nous auteurs, scénaristes, réalisateurs, acteurs, avons le pouvoir, grâce au cinéma, d’éclairer le passé, le présent autant que d’inventer le futur. C’est le moment. 

Nous ne pouvons pas rester sur le bord du chemin à regarder le monde partir en lambeaux. Nous avons la responsabilité d’engager toutes nos forces, notre inspiration, nos talents pour frapper l’imagination et susciter l’enthousiasme, l’action, la métamorphose. Nos histoires fictionnelles ou documentaires, peuvent participer à changer le monde. 

La jeune génération nous offre une pléiade de héros, d’histoires, dont nous pouvons nous emparer. Et il en reste encore mille autres à inventer. Un monde véritablement respectueux des êtres humains et de la nature ne naîtra que si nous sommes capables de l’imaginer. 

Nous tous, que nous soyons jeunes, vieux, noir ou blanc, de droite ou de gauche, du nord ou du sud, artistes ou responsables politiques, entrepreneurs ou citoyens, devons construire une vaste alliance, unir nos forces et nous mobiliser comme jamais aucune communauté humaine avant nous. 

Notre avenir commun en dépend.

Une tribune écrite par Cyril Dion co-initiée par Magali Payen, fondatrice d’On est prêt

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